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Lamy Guy
(1914-2000)
2400,00 CHF
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Janebé
(1907-2000)
750,00 CHF

 

GRANDS FORMATS

Du 19 juin au 23 août 2026

 

L'histoire de la peinture grand format entre le XVIIIe et le XXe siècle est celle d'une démocratisation visuelle.

Le gigantisme, autrefois réservé aux rois, est devenu un outil d'engagement politique, puis un espace d'immersion purement sensoriel.

Voici l'évolution de ce changement de dimension en quatre grandes étapes :

 

1. Le XVIIIe siècle

Le règne du « Grand Genre »

Au XVIIIe siècle, la taille de la toile dépend strictement d'une hiérarchie académique rigide gérée par l'Académie royale de peinture.

La hiérarchie des genres : Le très grand format est le privilège exclusif de la peinture d'histoire (scènes bibliques, mythologiques ou historiques).

L'outil du pouvoir : Ces œuvres monumentales mesurent plusieurs mètres de large. Elles servent à glorifier la monarchie et l'Église dans les châteaux ou les édifices religieux.

Les genres « mineurs » exclus : Les portraits, les paysages et les natures mortes sont relégués à des formats modestes, dits de chevalet.

 

2. Le XIXe siècle 

Révolution politique et spectaculaire

Le XIXe siècle bouleverse les codes. Le grand format quitte la dévotion royale pour s'adresser directement au public des Salons artistiques.

L'actualité théâtralisée : Les artistes romantiques et réalistes s'emparent de la toile monumentale pour peindre des sujets contemporains, souvent polémiques ou tragiques.

Le choc visuel : Le gigantisme sert à bousculer le spectateur. Le Radeau de la Méduse (Géricault) et La Liberté guidant le peuple (Delacroix) utilisent le format pour donner une force physique et héroïque au peuple et aux victimes.

Le réalisme monumental : Gustave Courbet crée le scandale avec Un enterrement à Ornans. Il utilise le format gigantesque de la peinture d'histoire pour représenter un enterrement de province ordinaire, élevant le quotidien des classes populaires au rang de sujet majeur.

 

3. Le tournant du XXe siècle

L'immersion paysagère

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, le grand format change de fonction. Il ne raconte plus une histoire, il crée une atmosphère.

Le paysage comme environnement : Claude Monet repousse les limites de la toile avec la série des Nymphéas. Conçues pour être installées en cercle à l'Orangerie de Paris, ces toiles géantes entourent le spectateur.

L'expérience sensorielle : Le but n'est plus de regarder un tableau, mais de plonger à l'intérieur d'un espace de couleur et de lumière, préfigurant l'art immersif contemporain.

 

4. Le milieu du XXe siècle 

La physicalité et l'abstraction

Après la Seconde Guerre mondiale, le grand format devient la norme de la modernité, particulièrement aux États-Unis avec l'Expressionnisme Abstrait.

L'Action Painting : Jackson Pollock pose ses immenses toiles directement sur le sol. Le grand format devient un champ d'action physique où le peintre danse et projette la peinture.

Les Color Field Paintings : Mark Rothko crée d'immenses surfaces colorées unies. Il exige que ses œuvres soient vues de très près pour que le spectateur se sente totalement enveloppé par la couleur, créant une expérience presque mystique.

Le format comme sujet : La taille de la toile n'est plus dictée par ce qu'elle représente, mais par l'impact émotionnel brut qu'elle provoque chez l'observateur.

 

 


 

Exposition au Grand salon des Annonciades:

 

GRANDS FORMAT

Du 19 juin août au 23 août 2026

   

 

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